TOUS SUR LE PONT

Mercredi 17 décembre, 4 heures du matin devant le lycée Emile Combes, nos sections de première et deuxième année techniciens supérieurs travaux publics et leurs accompagnateurs prennent la route de Millau.
Après 6 heures de bus nous approchons du chantier du pont le plus haut du monde, qui, en janvier 05 fera sauter le célèbre bouchon de Millau.

 

 

 

 

 

 

PREMIERE SURPRISE

C'est à la sortie d'un virage que nous découvrons les sept piles vertigineuses du viaduc qui s'élancent dans le ciel des Causses et qui porteront bientôt, à 270 mètres au dessus du Tarn, un tablier de 2460 mètres qui reliera le Causse rouge au plateau du Larzac.
A notre arrivée dans l'important centre d'accueil du chantier, qui a déjà reçu plus de 200 000 visiteurs, nous sommes attendus par notre guide Gabriella.

DEUXIEME SURPRISE

Le responsable de l'accueil des visiteurs vient annoncer à Gabriella que la visite du groupe pontois sera conduite par Michel Virlogeux, le concepteur de l'ouvrage, accompagné de Claude Servant, Directeur technique du groupe Eiffage (en charge des travaux), qui ont fait le déplacement depuis Paris avec 2 journalistes.
Ce privilège nous le devons à Jean-Luc Normandin, ingénieur de la DDE16, animateur du partenariat qui lie nos formations à la profession nous permettant aujourd'hui de bénéficier de la présence et des explications du "père" de l'ouvrage.
M. Virlogeux est en effet à l'origine du principe d'un viaduc multihaubané pour franchir le Tarn. Il avait déjà mis son expérience au service du pont de l'île de Ré et avait conçu et dirigé les études du pont de Normandie.
Près de chez nous, il a participé à la conception innovante du pont en arc mixte sur la Charente à Jarnac (achevé en 2003 et présenté dans cette même rubrique).

M. Virlogeux et M. Servant

   

UNE HAUTE TECHNICITE

C'est au pied des piles sud du viaduc que débute notre visite.
D'une surface de 200 m2 à la base, les piles creuses, en forme de losange, subissent une variation de géométrie jusqu'à se dédoubler en une fourche fine sur les 90 derniers mètres avec une surface porteuse de 30 m2 au sommet.
Elles supporteront les 36 000 tonnes du tablier métallique dont chacune des 2 sections est préparée sur chaque rive puis "lancée" dans le vide par déplacements successifs de 60 cm.
En mars prochain la réunion des 2 parties se fera à l'aplomb du Tarn.
Une des particularités de l'ouvrage réside dans le "clouage" du tablier sur les piles. Impossible donc, pour le tablier métallique de glisser sur les piles lors de la dilatation provoquée par les écarts de température. Au final c'est la flexibilité des piles qui encaissera les variations de longueur du tablier dont l'amplitude pourra atteindre 70 cm.

   

LES EFFETS DU VENT

Les efforts engendrés par les effets du vent sur le tablier accroché à 270 mètres de haut dépasseront considérablement les charges dues à la circulation des véhicules ou les considérations sismiques les plus défavorables. Les études ont été menées pour toutes les orientations possibles du vent, elles ont conduit au dimensionnement des différentes parties en phase de construction et en phase d'exploitation.

 

UN SOUVENIR MARQUANT

Cet ouvrage gigantesque, d'un coût de 310 millions d'euros, réalisé avec une stupéfiante précision, constitue l'un des défis les plus audacieux du génie civil.
Comme en témoigne le livre d'or du chantier cette visite procure à tous, spécialistes ou non, une grande satisfaction que nous partageons.

Le lendemain, sur la route du retour, nous avons fait une halte à Toulouse pour visiter les chaînes de montage d'Airbus Industrie mais cela est une autre histoire...